Posté par Le Marteau Rouge le 17 octobre / aucun commentaire

Si le Palais des Festival n’est qu’inscrit à l’inventaire général du patrimoine, en revanche, l’hôtel Intercontinental Carlton, situé à quelques encablures, est, lui, inscrit au titre des monuments historiques depuis le 10 octobre 1984. Loin d’être une inscription simplement honorifique, elle donne des droits, mais aussi des devoirs, particulièrement architecturaux, que nous allons rapidement aborder.

Si tous travaux doivent être signalés au préfet au moins 4 mois avant le démarrage de ceux-ci, toute extension ou nouvelle construction nécessite, quant à elle, l’accord préalable du ministre. Ce n’est donc pas chose aisée, ce qui explique que l’entretien soit partiellement assuré par l’état et que des défiscalisations soient possibles (charges foncières sur l’impôt sur le revenu, possible exonération de droits de succession, tolérance quant à l’estimation du bien dans la déclaration de patrimoine). C’est une condition sine qua non à l’entretien du patrimoine culturel et architectural de la France.

Depuis le décret du 22 juin 2009, le recours à un Architecte des Bâtiments de France (ABF) n’est plus obligatoire, tout architecte peut prétendre à l’entretien et à  la restauration de monuments classés, cependant il faut bien savoir que tous les travaux nécessitent un permis de construire, même le simple fait de changer des volets. Aussi, des architectes spécialisés, Bâtiments de France ou ceux dit « du patrimoine », sont plus rompus au fait d’œuvrer sur de tels édifices.

Il n’y a pas que le bâtiment en lui-même qui soit protégé, les abords de celui-ci sont aussi concernés, car ils assurent l’harmonie du paysage et la cohérence visuelle. Ainsi, dans un périmètre de 500 mètres (ce périmètre peut désormais être modifié par les Architectes des Bâtiments de France en concertation avec le conseil municipal), toute modification, destruction, construction… doit faire l’objet d’une demande préalable et d’un aval d’un ABF. Cet accord ne peut être donné qu’en respectant un cahier des charges précis : utilisation de matériaux typiques, respect du style architectural, choix des couleurs…

Donc, attention, se situer dans une zone protégée au titre des monuments historiques est à double tranchant :
– valorisation de votre bien du fait du cadre exceptionnel dans lequel il se trouve,
– l’aspect architectural de la zone sera conservé, pas de construction abominable à prévoir dans les années à venir,- homogénéité du paysage,

MAIS

– limitation de votre créativité, si vous aviez des idées folles en tête,
– recours systématique à un Architecte des Bâtiments de France
– des travaux souvent plus chers du fait de l’utilisation de matériaux spécifiques : tout à un prix, mais faire partie du patrimoine de notre beau pays en a-t-il vraiment un ?

En résumé, s’il est possible de faire subir les pires outrages à la mode sur la Croisette, mais il n’en est pas de même pour l’architecture.

Pour plus de renseignements, parlez-en à votre architecte ou consulter le site des Architectes des Bâtiments de France

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