Posté par Le Marteau Rouge le 15 octobre / aucun commentaire

Tout le monde n’a pas la chance d’aller à Bali fréquemment : destination magique souvent synonyme de voyage de noces ou d’anniversaire de mariage. Cette île d’Indonésie est une mine d’or en terme de décoration. Si vous ne pouvez pas ramener un container rempli de meubles de jardin ou de sculptures monumentales, ne résistez pas cependant à certains menus trésors locaux, plus aisément transportables et qui seront une vraie signature de décoration. Cathy, aujourd’hui, se pose en iconoclaste, en vous suggérant, non pas d’intégrer vos souvenirs, mais de repenser votre intérieur pour immortaliser votre spectaculaire escapade estivale.

 

Etape 2 : Bali


De la luxuriance végétale à l’épure minérale

Pour moi, Bali, c’est tout à la fois : l’épure zen, la luxuriance de la végétation, l’extravagance des couleurs, les odeurs d’encens et un mélange de matières qui offrent une abondance d’orientations possibles en terme de décoration. Difficile de se cantonner à poser un « bouddha » au fond d’une cheminée pour revivre l’expérience à couper le souffle des rizières du centre de l’île. Je souhaiterais justement tout de suite faire un petit point : Bali ne rime pas avec Bouddha, même si on peut en trouver, qui rapporterait de la feta d’Italie ? (NDLR : En effet, Bali a la particularité d’être un bastion hindouiste dans l’Islam indonésien, et si les représentations religieuses font légion, il convient de les considérer avec toute leur symbolique et leur signification.) Profitez de votre séjour pour échanger avec les Balinais sur le sens qu’ont les postures du corps ou de la main des statues et également les différentes représentations de la trinité. Si les statues sont beaucoup détournées, je trouve opportun de les utiliser avec un minimum de décence. Alors, réglons tout de suite le cas « statue de divinité ». La trinité hindouiste a une forme très particulière et peut être beaucoup moins « neutre » ou « déco » que les têtes qui s’empilent dans n’importe quel magasin de décoration asiatisante. De plus, pour ces représentations certains endroits sont à proscrire : la salle de bain ou les toilettes, la chambre ; un « toit » est nécessaire pour la statue, ce qui signifie qu’à moins d’avoir une alcôve dans votre entrée ou l’intention d’en créer une, la statue sera difficilement intégrable. Cependant, vous pouvez d’ores et déjà planifier de créer avec vos enfants un petit temple de manière ludique  en extérieur pour leur inculquer précocement l’importance de cultiver son jardin avec soin.

Donc ! Sans tomber dans le total look, je suis complètement partisane du petit espace balinais, qui ne sera pas sans rappeler les autels que l’on croise partout là-bas. Les Balinais sont réputés pour leurs massages et particulièrement les soins de réflexologie plantaire. De la salle de spa à la salle de bain il n’y a qu’un pas. Misez donc sur un rafraîchissement de votre salle de bain pour vous assurer des moments de détente proches du Nirvana. Pour joindre l’utile à l’agréable, changez vos toilettes pour des encastrables de manière à créer une niche au-dessus de celles-ci. Carrelez avec des plaquettes de parement (disponibles chez Leroy-Merlin) disposez alors un masque – qui lui est vraiment typique et fait référence au théâtre – et profitez-en pour recréer l’effet d’autel en rajoutant de l’encens voire, de temps en temps, quelques fleurs exotiques – ce qui permet habilement de mêler le décoratif au nécessaire. Pour forcer un peu le trait, disposez, en guise de nouveau lavabo, une vasque en pierre sur un plan en bois clair épais et placez le miroir ornementé en bois peint trouvé dans un marché typique de la périphérie de Ubud.

Si vous ne vous sentez pas de faire appel à un plombier et à un carreleur pour refaire votre salle de bain, je vous propose une métamorphose de votre salon. Dites adieu au vieux canapé, qu’on souhaitait changer, et inspirez-vous des salons extérieurs pour faire pénétrer la magie balinaise dans votre intérieur. Optez pour une structure basse, soit en obtenant un beau morceau de bois débité qui servira de socle, soit en le fabricant soi-même en bois blanc et sur lequel on appliquera soit une lasure, soit un parement bois de type bambou, ou idéalement en intégrant la frise de bois sculpté que vous aviez posée de manière inutile sur la commode de l’entrée. Une mousse compacte découpée à la mesure, un peu de ouate pour le confort et tapissez en coton ultra-résistant dans les tons crème. Jouez l’originalité en recouvrant les coussins avec les mètres de batik aux couleurs chatoyantes que vous aurez achetés et qui sont le symbole de l’île. Si vous n’avez pas rapporté de batik, vous avez surement craqué pour un sarong (costume traditionnel) que vous n’avez porté que le soir de votre retour, et que vous avez rapidement remisé au fond d’un placard, parce que ça n’avait pas le même charme que là-bas, et qu’une fois le bronzage dissipé, vous aviez plus un teint de navet que celui d’une danseuse de legong. A ce moment-là, détournez-le et utilisez-le pour empiécer vos coussins. Quelques voilages sur les côtés, accrochés au plafond pour un effet baldaquin, un air de suling, un ventilateur et des notes de citronnelle : le tour est joué, à vous Bali pendant les douze mois de l’année.


Si vous souhaitez conserver Bali dans l’intimité, direction la chambre à coucher. C’est là que vous pourrez utiliser de manière originale les petits objets les plus faciles à rapporter : bijoux, mains sculptées, boites en tout genre et toujours ces fabuleux textiles. Je vous propose de repenser l’un des murs de votre chambre : en tête de lit ou tout autre mur sur lequel vous avez les éléments nécessaires : commode et prises électriques. Repeignez le mur avec la couleur la plus évocatrice de votre voyage, soit un vert (de l’acidulé au profond), soit dans des teintes brunes, dont vous cassez l’aplat avec une structure, facile à faire vous-même, en bambou :
– réunissez des cannes de diamètre similaires mais de hauteur variable
– scellez avec une ou plusieurs tiges de métal
– peignez ensuite dans un beau rouge (que vous pouvez agrémenter de fil de raphia doré pour donner l’impression d’une structure traditionnellement « tissée »).

J’aime rajouter des bandes de batik très fines pour jouer sur l’horizontalité et cacher les trous qui ont été faits pour maintenir l’ensemble.

– ornez l’ensemble avec les bijoux, si vous les trouvez finalement importables dans votre routine quotidienne, ou à l’aide de petits clous, affichez fièrement vos plus beaux ornements de peau, de Bali et d’ailleurs.

Utilisez les représentations de mudra en bois (position de la main, idéalement celle du don ou de la connaissance, plus adaptées et à la symbolique positive) en les filtant à la base pour les disposer dans le mur comme patères ou pourquoi pas en socle pour téléphone portable à côté de votre lit. Enfin pour donner une petite touche personnelle, faites imprimer votre plus belle photo de rizière, de temple ou de coucher de soleil sur support alu et placez-la au dessus de votre lit ou au contraire en face de celui-ci pour vous replonger dans votre sommeil dans ces vacances de rêve.


Si pour Henri IV Paris vaut bien une messe, j’aime dire que, le temps de l’aménagement, Bali’s worth a mess !

Cathy

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